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Inflation › Critique du Keynésianisme

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dimanche, juin 14 2009

LA MAGIQUE DÉMONSTRATION DE LORD KEYNES

Continuant mes emplettes de commentaires remettant à leur place les errements intellectuels de Keynes, je me permet de reproduire cet article publié par Jacques Garello sur le site libre.org le 9 Mars 2009.


« Keynes est mort », avait constaté Milton FRIEDMAN en 1975. La crédibilité scientifique de « La Théorie Générale » (1936) avait en effet été totalement ruinée par les analyses des adversaires du keynésianisme, mais aussi par les échecs de toutes les politiques qu’il avait inspirées. Aujourd’hui, avec la crise, et la façon dont y répondent les politiciens, c’est le retour de l’Etat, c’est le retour de Keynes. Mais la démonstration de Keynes aurait-elle retrouvé quelque valeur explicative ? Certainement pas : elle est toujours aussi fallacieuse. Cela mérite d’être dit, car il faut démasquer une supercherie aujourd’hui fatale.

Keynes veut prouver qu’une économie de marché laissée à elle-même débouche mécaniquement sur le chômage massif. Une intervention de l’Etat est donc indispensable pour retrouver le « plein emploi ». Reste à le démontrer. Pour y parvenir Keynes introduira pas moins de huit hypothèses, qui sont huit raccourcis sans aucun fondement. Pour expliquer ces tours de passe-passe je dois d’abord résumer le cheminement de la théorie Générale. Écoutons Lord Keynes.

Dans une économie, en un moment donné, le niveau de l’emploi global dépend du niveau de la demande globale anticipé par les entrepreneurs : ils n’embaucheront que s’ils ont la perspective de vendre leur production. La demande globale a deux composantes, la consommation et l’investissement. La consommation privée manque de dynamisme, à cause d’une « loi psychologique fondamentale » : plus de revenu conduit à plus d’épargne (la « propension marginale à consommer » son revenu excédentaire est inférieure à un). La léthargie de la consommation peut-elle être compensée par le dynamisme de l’investissement ? L’investisseur regarde ce que lui rapporte sa dépense en équipement (« efficacité marginale du capital ») et ce que lui coûte l’emprunt nécessaire pour la financer (taux d’intérêt). Or, l’efficacité marginale ne cessant de diminuer au fur et à mesure de l’accumulation du capital, il faudrait que le taux d’intérêt s’abaisse également.

Le taux d’intérêt dépend d’un choix de l’épargnant : veut-il placer son épargne ou la conserver sous forme liquide ? La demande de liquidité est faite de trois composantes : encaisses de transaction (avoir toujours un volant de trésorerie), de précaution (faire face à des dépenses inattendues), de spéculation. Les encaisses de transaction et de précaution sont stables, tandis que les encaisses de spéculation augmentent avec la baisse des taux d’intérêt. Donc, en dessous d’un taux d’intérêt critique, la préférence pour la liquidité devient totale, l’épargnant ne veut plus engager son argent, trop mal rémunéré. Si les banques mettent des liquidités sur le marché en créant de la monnaie, celle-ci ne fait plus retour sous forme d’investissement, elle grossira une encaisse devenue stérile : c’est la « trappe monétaire ».

L’investissement ne peut donc pas davantage relancer l’économie que la consommation. La « demande globale spontanée » est insuffisante. Faute de débouchés suffisants, les entrepreneurs n’ont donc aucune raison d’embaucher. Aussi l’insuffisance de la demande globale spontanée doit-elle être compensée par une demande de la part des pouvoirs publics : les dépenses de l’Etat vont prendre le relais pour assurer un plein emploi qui sans cela ne sera jamais atteint. CQFD.

Magistral, magique, irréfutable. Voici maintenant les huit hypothèses sous-jacentes.

1° L’emploi global dépend de la demande globale. On est dans le « global », et une relation mécanique s’établit entre l’embauche de toutes les entreprises et leurs débouchés. Les entrepreneurs embauchent ou licencient au hasard de la conjoncture qu’ils anticipent. Il n’y a donc aucune flexibilité dans le processus de production, qui est le même pour tous.

2° Seule la demande est prise en compte parce qu’à court terme les entrepreneurs ne modifient pas les conditions de leur offre, les effets d’un investissement et  de la productivité n’interviennent qu’à long terme, or « à long terme nous serons tous morts », disait Keynes.

3° La consommation n’augmente pas aussi vite que le revenu. Cette « loi psychologique » a été démentie par la mise en évidence (par Friedman) d’un « revenu permanent » : les consommateurs ne changent pas leurs habitudes à la moindre variation de leurs gains.

4° L’efficacité marginale du capital diminuerait. Keynes veut faire croire à la « baisse tendancielle des profits » imaginée  par Ricardo et Marx. Pourquoi la baisse ? Qui l’a vue ?

5° La théorie des encaisses suppose que l’épargnant ne considère que le taux d’intérêt lié à la spéculation. Les ménages ont en réalité une demande d’encaisses réelles tout à fait stable. Ils connaissent leur niveau « d’encaisses réelles désirées » et n’ont pas l’habitude d’accumuler de l’argent qui ne sert à rien, l’argent supplémentaire ne passe pas « à la trappe ».

6° Le financement de la dépense publique importe peu. Le budget peut être mis en déficit. Donc on ignore « l’effet d’éviction » : pas besoin d’impôt pour relancer l’activité, donc pas de risque que la dépense publique « évince » la dépense privée.

7° Les déficits de l’Etat sont financés par la banque centrale. Cette création monétaire  mène à l’inflation, Keynes en convient, mais l’inflation est le prix à payer pour le plein emploi.

8° La relance va  s’opérer grâce au miracle du multiplicateur d’investissement public : un euro de dépense publique permet de distribuer des dizaines d’euros à ceux qui retrouvent un emploi, dans un programme de  grands travaux par exemple.


Au total, la théorie de Keynes est une théorie de la demande, du court terme, de la nocivité de l’épargne. L’entrepreneur n’est pris en compte que pour ses anticipations pessimistes, il n’y a ni innovation, ni création d’emplois. L’épargnant ne sait pas quoi faire de son argent. Le travailleur subit les méfaits de la conjoncture. Seul l’Etat peut sauver tout le monde.

Voilà la démonstration terminée, le magicien a sorti son lapin. Au prix de raccourcis et d’erreurs, il est arrivé à ses fins. C’est ce que le doyen Alain BARRERE avait appelé « le finalisme keynésien ». La fin justifie les moyens.

Quand va-t-on en finir avec la magie, et avec le magicien ?

Jacques Garello

Le 9 mars 2009

dimanche, mai 10 2009

Le monde à l'envers de John Maynard Keynes

Traduction d'un article de Mart Thorton publié le 23 Avril 2009


John Maynard Keynes employait des termes fleuris tels que "l'esprit-guide de l'animal"* ou "le piège à liquidité"** afin de décrire des choses qu'il ne comprenait pas. Il était, après tout, plus un bureaucrate qu'un économiste. En fait, il pourrait être présenté plus exactement comme un anti-économiste, car il esquivait des thèmes tels que l'offre et la demande et défendait l'opinion que le gouvernement devrait diriger l'économie.

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Ainsi, par exemple, il ne parvenait pas à comprendre pourquoi les gens choisissent d'investir des ressources dans des aventures risquées qui aident à maintenir la croissance de l'économie à son niveau de plein emploi. En conséquence de quoi il substitua la motivation du profit par "les esprit-guides de l'animal". Ces esprits permettent aux entrepreneurs d'intervenir avec une confiance naïve et de remiser leurs inquiétudes au sujet des pertes. De la même façon, le défaut d'investissement fut également considéré comme un problème psychologique baptisé "le piège à liquidité". Ce piège se referme lorsque les investisseurs recherchent les liquidités et lorsque la politique monétaire - en terme de baisse des taux d'intérêt - échoue à conduire à une hausse des investissements.

Le problème au sujet de Keynes est qu'il pensait que si les entrepreneurs perdent leur calme collectivement, le gouvernement devrait socialiser l'investissement, soutenir la demande et l'emploi, et fournir des assurances pour restaurer une situation économique de plein emploi. Il ne comprenait pas comment l'économie fonctionne et par conséquent comment l'économie se corrige elle-même lorsque qu'une crise prend forme.

Le problème nous concernant est que Bush, Obama, Geithner, et Summers sont tous des partisans de l'approche keynésienne, conjointement au détenteur du prix Nobel Paul Krugman qui leur sert de meneur de jeu. Si au contraire nous avions laissé les processus du marché libre se dérouler, l'économie se serait probablement déjà stabilisée, et des entreprises telles que AIG émergeraient de la faillite tandis que le taux de chômage baisserait au lieu de continuer à augmenter.

Le processus de marché a été entravé seulement quelques mois après le début de la contraction en cours, et il a été remplacé presqu'en totalité - depuis 15 mois - par l'intervention gouvernementale. Nombre de ces interventions ont été qualifiées à juste titre comme étant "sans précédent", car elles n'ont effectivement jamais été tentées auparavant. Ceci signifie que ni les acteurs du marché, ni les auteurs de la politique économique, n'ont la moindre expérience sur le sujet, et cela se voit.

Ce virage interventionniste s'est effectué de façon désordonnée. De nombreuses interventions, telle que le rachat d'AIG, ont constitué des surprises totales, source de volatilité sur les marchés financiers. De plus, ces interventions ont atteint un niveau extrème avec une étendue très vaste. Mesurées en termes monétaires, les quantités "allouées" dépassent les 12 trillions de dollars US selon l'une de nos source.

De manière ironique, en adoptant la position keynésienne selon laquelle nous avons égaré notre "esprit-guide de l'animal" et  nous souffrons d'une forme de phobie psychologique, le gouvernement a entrepris des changements extrêmes de politique économique qui sapent considérablement la motivation que constitue le profit. Les entrepreneurs ne sont plus à rechercher de nouvelles opportunités de profits qu'offrirait l'économie. Au lieu de cela, ils sont plus enclins soit à tenter de préserver leur capital, soit à prendre la file d'attente de la sauvegarde gouvernementale.  

La préservation du capital requiert que vous placiez votre richesse dans des actifs à faible risque tels que les bons du trésor, les liquidités, les CDs et l'or. De la sorte, les individus augmentent leur épargne et remboursent leurs dettes pour se protéger, mais en terminologie keynésienne, nous sommes tombés dans le très dangereux piège à liquidités.

Selon Keynes, le piège à liquidités s'est refermé lorsque des consommateurs inquiets ont tenté d'épargner plus tout en consommant moins. Son raisonnement était que moins de consommation serait pénalisante pour les activités économiques et la production, et que par conséquent cela met en danger les activités économiques et l'emploi. La baisse induite des revenus signifierait, à son tour que les tentatives pour épargner plus résulteraient en fait dans des conditions économiques bien pires encore.

Le piège à liquidité est en réalité relatif à la thésaurisation et à l'épargne. Tandis que la thésaurisation est généralement mal perçue chez les économistes, c'est en fait une excellente chose. Typiquement, les individus ne thésaurisent pas les ressources de manière irrationnelle, ou sans raison: ils thésaurisent afin de se préserver de situations dangereuses. Une dépression, l'inflation, la guerre, ainsi que d'autres calamités, sont des exemples typiques de causes conduisant à la thésaurisation par les individus.

Non seulement une épargne en hausse soutient-elle l'économie, mais la thésaurisation est en fait une bonne chose dans le sens ou elle contribue à faciliter le processus déflationniste, tandis que la déflation prépare le terrain de la reprise économique. Si les individus réduisent leur consommation (la demande) alors les prix baissent, surtout dans les étapes initiales de la production. Comme toutes les catégories de ressources et de biens deviennent moins chères, y compris le travail salarié, le pouvoir d'achat de chaque dollar épargné progresse. Tous les prix qui ont été tirés à la hausse au cours du boum économique - et tout particulièrement la terre, le capital, ainsi que différentes catégories d'actifs - sont donc réajustés à un niveau inférieur. La dette est liquidée tandis que l'épargne est restaurée, et que les perspectives de retour à la prospérité se font jour, tout d'abord chez les producteurs, puis chez les consommateurs. Par conséquent, la thésaurisation accélère la déflation tandis que la déflation accélère le processus correctif.

Toutefois, les keynésiens sont effrayés par ce processus car ils ne comprennent pas comment il nous ramène vers une situation de plein emploi et vers la croissance économique. J'ai nommé cette crainte l'apoplithorismosphobie.Download PDF Joseph SalernoDownload PDF a montré qu'il n'existe aucune base théorique à cette phobie, tandis que Greg KazaDownload PDF a expliqué qu'elle n'a pas non plus de base empirique. Il est ironique de constater que ce sont les politiques économiques keynésiennes, telles que les sauvegardes***, les stimulants financiers, et l'inflation que nous devrions craindre, car elles sont en mesure de menacer notre esprit-guide de l'animal à la recherche du profit et nous maintiennent enfermées dans le piège à liquidité pendant de nombreuses années.

La thésaurisation permet de remettre en ordre les bilans financiers, mais dans une économie dominée par les keynésiens, cela prend un temps considérable. Dans l'interval, les individus risquent de devenir complètement blasés par les marchés et l'investissement. Ils peuvent se transformer en thésaurisateurs permanents. C'est ce qui est advenu à de nombreux américains qui ont traversé la Grande Dépression. La frugalité et la tendance à l'épargne, pour admirables qu'elles soient, devinrent une sorte de cicatrice psychologique qu'ils gardèrent jusqu'à la fin de leur vie.

Les politiques de style keynésien ont conduit à des désastres tels que la Grande Dépression, la "stagflation" aux États-Unis de 1970 à 1982, et aux conséquences de la Bulle Japonaise. En l'absence d'un filet de protection étatique or de plans de sauvegarde, il y aurait plus d'épargne, une déflation plus rapide, plus de banqueroutes, et un retour rapide à la prospérité.

Alors qu'une banqueroute apparait comme une chose effroyable, elle constitue en fait un processus merveilleux et ordonné. Tout d'abord, elle remet rapidement de l'ordre dans le bilan financier. Elle fournit également l'opportunité de se séparer des propriétaires et des administrateurs qui ont effectués une conduite risquée des affaires. Il n'est nul besoin dans ce cadre de se préoccuper des histoires de bonus! Certaines entreprises en faillite cesseront définitivement leurs activités, tandis que leurs ressources seront mises aux enchères à très bas prix auprès d'autres entrepreneurs. J'imagine volontier les dizaines de nouvelles entreprises travaillant à la mise sur le marché de véhicules électriques se précipiter pour saisir l'opportunité de racheter une usine de consturction automobile dans le Michigan pour une fraction de son prix. D'autres entreprises poursuivraient leurs activités tandis que la majeure partie des employés conserveraient leur emploi, mais la banqueroute conduit dans ce cas à la réduction de la dette et du coût tout en fournissant une opportunité de renégocier les contrats et les niveaux de salaire.

L'environnement résultant d'une banqueroute est celui pour lequel les nouveaux propriétaires et maîtres-d'œuvre détiennent beaucoup moins de dette, et dont "l'esprit-guide de l'animal" n'a pas été réprimé. Certains consommateurs seraient inondés de liquidités épargnées et auraient ainsi l'opportunité d'acheter à des prix bien moins élevés qu'auparavant. L'économie retrouve un régime de croissance et peut rapidement restaurer une situation de plein emploi tout en générant de la croissance. Plus important encore, en évitant de sauvegarder les entreprises en faillite, il n'y a pas d'aléa moral conduisant les entrepreneurs à penser qu'ils pourront à l'avenir compter sur une sauvegarde.

Parce qu'ils ne comprennent pas le fonctionnement du marché, les Keynésiens pensent que tout ceci est fantaisiste. Mais si vous suivez la recette des économistes de l'école Autrichienne, qui autorise la liquidation des entreprises en faillite et de la dette, permettant aux prix de corriger sans inflation monétaire, en l'absence de plans de soutien à l'emploi ou de subventions à l'inactivité, et sans mesures de découragement de l'épargne, vous seriez face à la plus rapide des reprises économiques et à des conséquences de la crise dont la magnitude seraient minimisées.      

 

* Esprit-guide de l'animal: "Animal spirit" en anglais

** Piège à liquidité: "Liquidity trap" en anglais

*** Sauvegarde: "Bailout" en anglais

dimanche, février 22 2009

A la découverte du monde étrange de Bizarro-Keynes

A lire sur worldpress.com:

A la découverte du monde étrange de Bizarro-Keynes et de ses théories àpeuprèconomiques

 

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