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Horloges de la dette

FRANCE

USA

Citations

Ils ont dit

« CVO ». Pour ceux qui ne connaissent pas la signification de ce sigle, la voici : « cotisation volontaire obligatoire ». Aucun romancier, même le plus imaginatif, n'aurait pu penser qu'un tel monstre administratif puisse exister !

Michel de Poncins

Ils ont dit - Les archives

Citations historiques

Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise.

Jean Monnet

 

Citations - Les archives

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lundi, août 31 2009

ADIEU l'Amérique !

Un rapport détonant vient d'être publié par la banque Suisse Wegelin.

Sur 8 pages, la banque s'élève contre les stratégies de répression fiscales, anti-capitalistes et militaires des États-Unis d'Amérique.

La banque en tire les conclusions de la façon suivante:

Notre Banque s’apprête, par la voix de ses
conseillers, à recommander aux investisseurs de
sortir de tous les placements directs dans des titres
américains, en raison de l’impôt sur les successions
qui menace ainsi que du risque de se voir assimilé
d’une manière ou d’une autre à une U.S. person.

Le rapport se conclut de la façon suivante:

«Potentiel agressif» et expansion économique
s’excluent mutuellement, raison pour laquelle il est
désormais conseillé de dire globalement au revoir à
l’Amérique. La démarche est douloureuse, les
Etats-Unis ayant été pendant un temps l’économie
de marché la plus dynamique au monde. Mais pour
l’heure, il n’y a qu’un mot d’ordre possible: adieu
l’Amérique!
KH, 24.08.2009

 

dimanche, mai 17 2009

Situation en Argentine: la vache!

Kirchner a besoin de blé

Le 15 Mai 2009, lanacion.com.ar rapporte que pour la première fois depuis 1890, l'Argentine ne va pas exporter de blé, la campagne 2009/2010 prévoyant une récolte juste suffisante pour la consommation locale.

Quelle était auparavent la situation?

Malgré la prédominance de ces cinq acteurs sur le marché mondial, leur poids dans les exportations mondiales a diminué passant ainsi de plus de 90% en 1961 à 76% en 2004. Cette baisse s'est faite sous l'effet de l'arrivée de nouveaux acteurs importants sur le marché, à l'instar de l'Argentine dont les exportations ont été multipliées par plus de neuf entre 1961 et 2004 pour atteindre environ 10 millions de tonnes en 2004.

...ce qui a un effet boeuf

0512_desabastecimiento_468.jpg_687088226.jpgLe 17 Mai 2009, perfil.com mentionne que selon le secrétaire à l'agriculture de l'Argentine, ce pays prévoit d'importer l'année prochaine 1000 tonnes de viande de boeuf pour satisfaire la demande locale !

Quelle était auparavent la situation?

Jusque dans les années 1970, l'Argentine a dominé les exportations mondiales de viande de boeuf et de veau grâce à l'excellente qualité de la viande de ses boeufs paissant dans les pâturages fertiles de la région des Pampas, une zone du centre du pays située aux alentours des villes de Buenos Aires et Rosario. La majorité du cheptel était composée de races britanniques améliorées dont les marchés européens étaient très friands. En 2005, l'Argentine a été le troisième exportateur mondial de viande de boeuf après le Brésil et l'Australie avec 680 000 tonnes de viande de boeuf exportée.

Comment en sommes-nous arrivé là?

Comme le mentionne Lucilio sur le forum liberaux.org,

à coups de taxes, d'impositions et de frais de douanes à l'exportation de viande de boeuf, du colza, etc.

Il poursuit:

2008.07.15-FarmerProtests-1.pngLe principe étant que le seul secteur d'activité économique viable et rentable en Argentine est l'agriculture, l'État argentin, depuis Perón, et reprenant le délire de List d'un protectionnisme visant à créer de toute pièce une "industrie nationale", subventionne à perte un secteur merdique (ordinateurs genre Minitel créole, avions qui ne volent pas, bateaux qui ne flottent pas, voitures que personne n'achètera jamais, etc.) En plus de cela, il faut compter les prébendes que les nationaux-socialistes péronistes allouent en masse, via l'État fédéral ou les États, à leur partisans pour se maintenir au pouvoir. Bref, l'État argentin, pour financer tout cela, est obligé de tellement tondre les agriculteurs qu'il en est venu à les écorcher. Très logiquement, les agriculteurs cessent dès lors d'investir puisque non seulement ils ne font plus aucun bénéfice, mais y vont de leur poche. Et au final, la production agricole diminue.

Ce que je préfère encore, c'est son introduction que j'ai reprise dans mes citations du jour:

On le sait. Le socialisme est le plus grand organisateur de pénurie. C'est à chaque fois la même chose. L'Arabie saoudite deviendrait socialiste, qu'elle devrait importer du sable.

Hari Krichner, c'est finit!

Arrivée au pouvoir fin 2007, la présidente argentine ne dispose plus que de 20 % d'opinions favorables.

2008.07-Kirchner-CobosVice.jpg

 

 

Depuis plusieurs mois, l'intransigeance légendaire de Cristina Kirchner a rendu la situation inextricable. Refusant de discuter avec les représentants agricoles, elle a voulu imposer par la loi une mesure très largement rejetée par la population. (sur cette photo, on la voit en compagnie de son vice président, Cobos).

 

 

 

Ca au moins, elle l'a bien cherché! Souhaitons que la liberté l'emporte et que les agriculteurs argentins retrouvent rapidement leur indépendance.

lundi, avril 27 2009

Mégalobamania

Leader Ultimo

Avez-vous remarqué combien de grands dirigeants, dès lors qu'ils sont élus, se prennent pour les maîtres tout puissants de l'Univers?

L'Histoire de l'humanité est truffée d'exemples de rois, d'empereurs, de guides, de mogols et autres tsars persuadés de leur condition divine, de leur pouvoir absolu, de l'infaillibilité de leur décisions inspirées par leur pouvoir suprême qui leur a été conféré par Dieu lui-même dans le Royaume de Dieu sur Terre.

Si depuis la nuit des temps, ce sont des pouvoirs mystiques qui ont inspiré ces illuminés, depuis l'avènement de l'ère industrielle, les progrès de la science, les avancées technologiques et la généralisation de la connaissance qui l'ont accompagnée, ont remisé les croyances mystiques et réduit les religions à un rôle symbolique. Les enjeux politiques se sont dès lors déplacé du cadre spirutuel et du salut de l'âme à celui beaucoup plus concret des enjeux humains, de la condition sociale et des inégalités entre les individus.

Les gouvernements autocratiques ont trouvé là le moyen de substituer l'idéal mystique d'une vie meilleure après la mort par leur rôle de gardien de l'accès au royaume des cieux, par la recherche de l'équilibre idéal au sein de la société et l'éradication des différences au sein des sociétés humaines. La concentration du pouvoir entre les mains d'une minorité de leaders inspirés par leur incommensurable mégalomanie conduit dès lors à tous les excès.

Obama tout puissant

Barack Obama n'échappe pas à la règle. Sous des airs sympathiques et sur un ton convivial, le nouvel ultimo des USA se prend pour le leader absolu, l'élu de Dieu et des hommes, dont les décisions sont indiscutables tout autant qu'irrévocables, et les pouvoirs infinis dans sa quête du bonheur individuel pour tous par le contrôle des mécanismes humains et naturels.

Obama tout puissant sait tout mieux que tout le monde. Sa connaissance et sa compréhension du monde est tout autant parfaite que totale. Il doit donc prendre à lui seul toutes les décisions et s'autorise en raison de son absolue perfection à les imposer à la nation américaine tout entière comme au reste du monde, pour le plus grand bonheur de nos pauvres âmes en perdition. 

Obama va régler les problèmes de la finance, sauver les banques, sauver les constructeurs automobiles, sauver l'économie tout entière, relancer la croissance, créer des centaines de milliers d'emplois, réduire la dette, mettre fin au terrorisme, imposer la justice dans le monde, éradiquer la pauvreté...

A la limite, toutes ces bonnes intentions sont relatives à des phénomènes sociaux, qui peuvent engager la crédulité des individus. Mais le pire est bien entendu que les subterfuges utilisés pour faire avaler ces utopies, tout comme les moyens employés, sont les mêmes que ceux servant à faire passer des ambitions mégalomaniaques qui relèvent d'un cas clinique proche de la schizophrénie, lorsque le tout jeune président des Etats-Unis prétend réguler le climat ou jure de trouver un remède au cancer, comme le rapporte un article du New York Time du 23 Avril 2009.

Barack le rebouteux    

Il ne faut pas en douter, Obama est tout à la fois le plus grand économiste, le plus brillant général, le plus fin sociologue, le plus génial climatologue, et le plus fantastique cancérologue que la planète ait jamais porté. Il s'inscrit dans la droite ligne de Richard Nixon qui déclarait en 1971 suite au plébiscite électoral qui le porta au pouvoir que "le cancer sera définitivement éradiqué en 1976".

Comment peut donc bien procéder Obama pour justifier de nouvelles augmentations budgétaires du système de sécurité sociale de la nation, qui est aussi le plus couteux au monde, l'Etat prenant déjà à sa charge en 2006 plus de 45% des frais de santé, soit 20% du PIB des Etats-Unis, soit plus que n'importe quel autre pays de l'OCDE, pour un accès aux soins de santé le plus couteux au monde.  

Le moyen utilisé est donc la promotion d'une juste cause, qui concerne la population tout entière, lutter contre le cancer du corp, une cause qui suscite l'empathie et la compassion, tout comme la lutte contre le terrorisme, le cancer du système américain, ou la résolution des problèmes financiers, ce cancer de l'économie, sont perçues comme des enjeux capitaux qu'il faut obligatoirement remettre entre les mains de ceux qui ont les moyens de résoudre les problèmes.

Les moyens sont bien entendu financier et monétaire. Car encore une fois les ambitions de Mégalobama seront assouvis par la création monétaire ex-nihilo et l'émission de dette gouvernementale, les impôts futurs que les enfants de leurs arrière-grand-parents, soudainement sauvés d'une mort certaine grâce aux remèdes miracle de Barack le rebouteux devront supporter.

Dans mon billet suivant, je me propose d'exposer à quel point ces ambitions utopiques d'Obama Tout Puissant Lui-Même Maître du Monde et de l'Univers relèvent de la fumisterie la plus totale*.


*Suite à la publication du présent commentaire, j'ai trouvé cet article qui explique précisemment ce que j'avais l'intention de présenter. En guise de conclusion, je n'aurais sûrement pas dit mieux que son auteur:

affirmer, pour vendre de la copie, des régimes miracles, ou pour imposer, au nom d’un principe de précaution mal compris, des réglementations abusives, que cette affection est une maladie de la civilisation et qu’elle progresse sans cesse relève de l’ignorance ou de la mystification.

jeudi, avril 23 2009

L'Europe, la plus faible des zones économiques

C'est un article du Wall Street Journal qui fait le point ce jour sur les perspectives économiques plus sombres en Europe que partout ailleurs dans le monde. Je vous propose ci-dessous une traduction de cet article.

Bien que je n'ai guère d'estime pour le FMI, J.P. Morgan, Standard & Poor's et les "économistes" dont les propos sont relayés, et qui sont unanimes à suggérer la mise en place d'une relance monétaire plus forte en Europe, ce qui reviendrait à tenter d'éteindre un incendie avec de l'essence, la mise en lumière de problèmes bancaires et financiers spécifiques à l'Europe pourrait permettre d'expliquer le contexte particulièrement difficile de la zone, et l'affaiblissement de la devise européenne.

J'en discutais encore cette semaine avec deux membres éminents de l'équipe Daily Bourse, qui tous deux s'attendent à un effondrement à venir du dollar US. Ma réaction est qu'il est difficile actuellement d'entrevoir cette éventualité d'un point de vue graphique. 

Mon argumentation est fondamentalement, contrairement aux propositions éclairées suggérées dans l'article qui suit, que l'Europe souffre d'une fiscalité étouffante, de rigidités du marché du travail particulièrement pénalisantes pour les entreprises, ainsi que d'un étatisme écrasant dont le corollaire est un cadre réglementaire qui condamne à l'immobilisme.

D'une part, je n'ai aucune confiance dans le rebond en cours sur les marchés, qui n'est qu'un rebond forcené résultant d'une volatilité historique et de l'interventionnisme monétaire condamné à l'échec, et d'autre part, si une hypothétique reprise devait se faire jour, ce qui n'est pas pour demain selon moi, l'Europe ne serait pas la première zone à en bénéficier.

Des bouleversements considérables vont se produire au cours de mois et des années qui viennent, bien au delà de ce que tout le monde peut imaginer à ce jour.

Lire la suite...

mercredi, mars 25 2009

C'est la troisième guerre mondiale !

La guerre des devises est lancée

Les dernières nouvelles publiées sur daily-bourse mettent clairement en évidence que nous sommes entré dans une phase d'instabilité politique majeure.

Dans un premier temps, ce sont les autorités des Etats-Unis qui ouvrent les hostilités, en annonçant un nouveau plan de soutien massif à l'économie, à coup de centaines de milliards de dollars: 

Le 23/03/2009 à 16:41

La valeur du jour à Wall Street - Financières en hausse avec Geithner

Le projet du gouvernement américain vise à purger les bilans des banques d'actifs toxiques à hauteur de 500 à 1 000 milliards de dollars afin que celles-ci se remettent à accorder des crédits. Cet objectif, a expliqué M. Geithner, devrait être atteint à travers un partenariat public-privé.

Que l'on appelle cette manoeuvre "Assouplissement quantitatif" ou encore "Plan de relance", il n'en reste pas moins qu'il s'agit de la plus formidable opération de "dévaluation compétitive" jamais menée à l'insu des créditeurs actuels des Etats-Unis d'Amérique. 

La réaction de la Chine, le plus gros détenteur de bons du trésor US ne s'est pas fait attendre:

Le 24/03/2009 à 06:22

La Chine appelle à création d'une monnaie de réserve internationale "stable"

La Chine a appelé à l'adoption "d'une monnaie de réserve internationale stable", pour remplacer le dollar, jugeant que la crise financière demandait "une réforme créative du système monétaire international actuel".

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Une grande part des réserves de change chinoises sont aujourd'hui en dollars et la Chine s'est inquiétée à plusieurs reprises de l'avenir de ces avoirs.

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Certains y voient leur intérêt:

Le 24/03/2009 à 18:59

Monnaie de réserve: le FMI trouve la proposition de la Chine "sérieuse"

Le numéro deux du Fonds monétaire international, John Lipsky, a qualifié mardi de "sérieuse" la proposition de la Chine d'adopter une nouvelle monnaie de réserve internationale, pour remplacer le dollar, sous la surveillance du FMI.

 

Mais bien évidemment, la stratégie de la nouvelle équipe administrative au pouvoir, visant à financer les somptueuses dépenses du gouvernement en faisant acheter une montagnes de nouveaux bouts de papier émis par le Trésor US et dénommés "bons du trésor", par une autre montagne de nouveaux bouts de papier, ou plutôt de crédits électroniques de liquidités créés par la Federal Reserve, serait immanquablement vouée à l'échec si la Chine décidait en contrepartie de se défaire de tout ou partie de ses obligations.

C'est donc Dark Vador, le maître de l'Empire en question, qui explique à ses sujets chinois que leur idée n'est pas recevable:

Le 25/03/2009 à 02:14

Obama défend le dollar et rejette l'idée chinoise de nouvelle monnaie

Le président américain Barack Obama a défendu mardi la confiance internationale dans le dollar et l'économie de son pays, rejetant l'idée chinoise d'une nouvelle monnaie de réserve mondiale.

 

La colonie trans-atlantique de l'Empire s'empresse de faire allégeance au Maître tout puissant:

Le 25/03/2009 à 14:17

Brown: les monnaies de réserve pas un grand sujet du G20

Le premier ministre britannique Gordon Brown, hôte du sommet du G20 à Londres la semaine prochaine, a indiqué mercredi que le sujet des monnaies de réserve que vient de soulever la Chine ne serait pas un grand sujet de débat à cette réunion.

 

Tandis que le bras droit financier du Maître de l'Empire, l'instigateur éclairé de cette manoeuvre audacieuse déclare à son tour que personne n'est en mesure de s'opposer à la première puissance économique mondiale ni à sa monnaie toute puissante:   

Le 25/03/2009 à 15:07

Les USA veulent que le dollar reste la principale monnaie de réserve

Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a déclaré mercredi que le dollar restait la principale monnaie de réserve mondiale et que les Etats-Unis feraient en sorte qu'il continue de l'être.

 

Une attaque massive vient d'être lancée, la contre-attaque s'organise, les alliances sont en cours de constitution. Un monde multipolaire se met en place, tandis que les USA s'exposent au péril de subir un nouveau Pearl Harbour, de type monétaire cette fois. 

C'est la troisième guerre mondiale, une guerre d'un nouveau type, la guerre de la monnaie, la guerre des devises !

jeudi, mars 5 2009

LA BULLE LEGISLATIVE

Nous sommes tous des criminels

C'est ce que rapporte en substance un article du New York Times du 2 Mars 2009 expliquant qu'aux Etats-Unis, 1 adulte sur 31, ou encore 7,3 millions de personnes, sont soit en prison, soit en liberté conditionnelle, soit en liberté surveillée. Encore pire, ces situations concernent 1 personne de sexe masculin sur 18, ou encore 1 personne d'origine africaine sur 11, et ceci tandis que le taux d'actes criminels a diminué de 25% au cours des deux dernières décennies.

Ce sont donc les délits mineurs ou moins importants qui conduisent à la condamnation. Nul ne devrait s'en étonner, puisque selon cet article de Wikiberal sur l'inflation législative, on peut obtenir les chiffres sur le nombre de pages du registre fédéral des Etats-Unis, créé pour regrouper toutes les lois et règlementations: 2599 pages en 1936, 10528 pages en 1956, 16850 en 1966, 36487 en 1978, et enfin 70000 pages en 2009.

Un petit coup d'oeil graphique nous donne une idée de la complexité de l'accroissement des contraintes législatives qui pèsent sur les citoyens de ce pays.

2009.03.04-FederalRegisterPages.gif

Si personne n'est censé ignorer la loi, on peut se demander qui peut connaitre les 70000 pages du registre fédéral, ce qui fait qu'automatiquement, la probabilité de contrevenir au droit civil, ou droit positif, c'est-à-dire la forme de droit édictée par l'Etat, mise en application et contrôlée par lui, devient un phénomène presqu'inévitable pour le citoyen lambda, qui se retrouve à un moment ou à un autre en contradiction avec l'une ou l'autre des régles de la loi civile.

Prisons surpeuplées

Cela conduit à des situations complètements intolérables, à l'image de cette prison californienne surpeuplée ou les détenus, souvent condamnés pour des délits mineurs, sont entassés dans des conditions inhumaines.  

En France, la situation n'est pas franchement meilleure, avec un nombre de détenus de 63600 pour quelques 51000 places, et des situations telles que l'entassement de 6 détenus dans une cellule de 9 mètres carrés.    

Tous les détenus sont-ils des criminels? Au yeux du droit civil, c'est-à-dire de la loi étatique, sans aucun doute. Les textes de lois et les réglements sont tellement nombreux que l'on a de plus en plus le sentiment de vivre dans un Etat de non-droit dans lequel tout est interdit, et non plus librement au sein d'une société civilisée. 

Droit civil français, c'est encore pire ! 

Ce sentiment se justifie parfaitement!

Un indicateur fiable de l'inflation de la réglementation civile est le nombre de pages du code civil français. Celui-ci peut être obtenu à partir de différentes sources. Afin d'estimer le nombre de pages du code civil en 2009, j'ai utilisé une approximation qui consiste à multiplier le chiffre de 2000 par la progression d'une édition commerciale du code civil.     

CodeCivil.png

Les chiffres ne sont peut-être pas très parlants, mais leur représentation graphique est beaucoup plus éloquente:

CodeCivilFrancais-1.png

Sur la partie gauche j'ai tenté d'extrapoler cette tendance en admettant que la taille virtuelle du code civil avant sa naissance sous Napoléon et regroupant l'ensemble des lois étatiques rejoint le niveau zéro à son origine, quelque part dans l'antiquité.

Sur la partie droite, l'augmentation de la taille du code civil est pratiquement verticale. Même si le nombre d'article de lois ne progresse que très peu, leur complexité augmente à une vitesse accélérée, et ceci ne prend toutefois pas en compte les nombreux autres codes de réglementation du droit français, les réglements européens, et le droit international.

Cette tendance est clairement intenable. Nous avons ici à faire à une autre de ces bulles générées par la centralisation des pouvoirs entre les mains de l'Etat: en plus de la bulle de l'inflation monétaire, et celle de l'endettement, la taille du code civil représente l'inflation de l'administration gouvernementale et de son appareil juridique. 

Le droit civil tente de rattraper l'évolution de la technologie et de légiférer sur l'augmentation de la complexité à laquelle nous assistons dans tous les domaines d'activités innovants, et dont la progression obéit à la loi des rendements accélérés, dont j'avais déjà fait état dans cet article sur la déflation.

Le problème est toutefois que le droit civil est constamment en retard sur la technologie et tente de légiférer a posteriori sur des évolutions qui ont déjà eu lieu (comme par exemple la publicité sur internet, la téléphonie mobile, les OGMs, les biocarburants), par le biais de réglementations visant à défendre les lobbys proches des cercles du pouvoir ainsi que les membres du gouvernement et de l'appareil administratif dans son ensemble, ce qui débouche sur des interdictions, des obligations, des quotas, des contrôles de prix, des subventions et bien entendu, sur de nouvelles taxes, visant à freiner l'émergence de nouvelles branches d'activités qui remettent en cause les activités existantes.  

Cette bulle législative est amenée à éclater, tout comme la bulle de l'inflation monétaire, et comme celle de la dette publique - car son rythme de progression est insoutenable - et avec son éclatement, toutes les fonctions législatives et juridiques deviendront caduques, notaires et avocats en tête, mettant un terme à la nature de plus en plus procédurière de la société. Alors, et alors seulement, nous comprendrons par la force des choses que:

Nous avons perdu la raison

En effet, la plupart des personnes s'imaginent que sans le pouvoir de l'Etat et son droit civil, ses cohortes de juristes, ses bataillons de forces policières et le lustre de ses tribunaux, l'ordre ne pourrait exister. Or, ce que nous constatons, c'est au contraire la corruption de la loi qui s'impose par l'inflation législative des lois civiles, qui conduit les citoyens à enfreindre les règles définies par l'état, à commencer par des actes tels que fumer un joint, réaliser un travail au noir, circuler en voiture sans attacher sa ceinture de sécurité ou bien entendu "frauder" le fisc.

C'est oublier qu'il a toujours existé dans toutes les sociétés évoluées une forme de droit dénommée le droit naturel, qui est fondée sur la raison et le jugement rationnel des conflits, dans le respect des principes fondamentaux de la liberté: liberté à la vie, liberté de la personne, droit de la propriété et liberté d'entreprendre.

Comme l'explique Murray N. Rothbart, les principes légaux d'une société peuvent être établis par trois approches différentes: (a) en suivant les coutumes traditionnelles d'une tribue ou d'une communauté; (b) en obéissant à la volonté protocolaire, mais arbitraire, des dirigeants de l'état; ou (c) par l'usage de la raison humaine à découvrir la loi naturelle - ou pour résumer ces trois options, par un conformisme esclavagiste à la coutume, par une lubie arbitraire, ou par l'usage de la raison humaine.

Conclusion

La bulle législative va éclater, un évènement qui sera sans aucun doute synchrone des évènements majeurs auquels nous devons nous attendre: insolvabilité des gouvernements, défaut sur la dette, effondrement du secteur public, ainsi que la disparition du système financier actuel basé sur la monnaie papier.

dimanche, janvier 18 2009

Les formes de gouvernement

Cette traduction est celle d'une vidéo en langue anglaise sur "la forme américaine de gouvernement", ou "The American Form of Government", que l'on peut retrouver sur flixxy, sur youtube, sur myspace et d'autres sites de vidéo. Elle met en lumière la confusion généralement admise entre les différentes formes de gouvernement et la méprise générale sur les qualités du système démocratique qui se développent actuellement dans la plupart des pays du monde. Si cette vidéo fait le point sur le système américain de gouvernement, i n'en reste pas moins que les risques posés sont strictement les mêmes chez nous, et qu'il est de notre devoir de veiller à éviter que notre société dérivent vers une oligarchie, sous la gouvernance d'une élite tyrannique.

Je ne revendique aucuns droits pour cette traduction et incite même ceux qui le souhaite à la rajouter en sous-titre à la vidéo en question, voire même à en réaliser un doublage à partir du texte suivant.

J'ai personnellement rajouté des titres de paragraphes pour rendre le texte plus facilement compréhensible.

 



La république constitutionnelle des USA

Lorsque Benjamin Franklin quitta la convention constitutionnelle, une femme lui demanda:

"Sir, que nous avez vous donné"

Il répondit spontanément:

"Une république madame, si vous arrivez à la conserver".

Cependant, la plupart des américains ont été convaincus que leur système de gouverrnement national est une démocratie, et non pas une république.

La différence entre les deux est essentielle afin de comprendre l'américanisme, et le système américain. Avant d'aborder les systèmes politiques, il est utile de traiter de la confusion qui s'est répandue à travers le spectre politique.

Le spectre politique

Beaucoup de personnes ont été amenée à croire que le spectre politique positionne des groupes politiques tels que les communiste à l'extrême gauche, les fascistes et les dictateurs à l'extrême droite, et les mouvements politiques modérés ou les centristes entre les deux.

Toutefois, un spectre politique plus adapté positionnerait les gouvernements n'ayant strictement aucun pouvoir à l'extrême droite et les gouvernements détenant un pouvoir absolu à l'extrême gauche.

A l'extrême droite, il n'y a pas de gouvernement. L'extrême gauche corespond à un gouvernement totalitaire, sous des dénominations telles que communisme, socialisme, nazisme, fascisme, les princes, les potentats, les dictateurs, les rois, toute forme de gouvernement totalitaire.

Ceux qui prétendent que le nazisme et le fascisme sont à l'extrême droite ne définissent jamais ces termes, ce qui revient à répandre la confusion.

Vers le milieu du spectre politique, on peut retrouver une forme de gouvernement limité à son rôle effectif consistant à la protection des droits des personnes. C'est là ou se situe la constitution des Etats-Unis.
Ceux qui appliquent une telle forme de gouvernance sont réellement des modérés constitutionnels.
Passons maintenant à l'analyses des diverses formes de gouvernements.

On trouve les dictatures et les monarchies contrôlée par une seule personne, les oligarchies contrôlées par quelques personnes, la démocratie contrôlée par une majorité, la république contrôlée par la loi, et l'anarchie, qui n'est contrôlée par personne.

Losrque nous discuterons de ces cinq systèmes, nous verrons qu'ils peuvent être réduits à un nombre plus fublique, oligarchie, démaible.

La monarchie

Considérant tout d'abord la monarchie ou la dictature, cette forme de gouvernement n'existe en fait pas réellement dans un sens pratique. C'est toujours un groupe, qui met un de ses membres en avant. Un roi a son conseil des nobles ou de législateurs, et chaque dictateur a ses bureaucrates ou ses commissaires, qui interviennent en arrière-plan. Ce système n'est pas contrôlé par une seul personne, bien qu'un seul individu est son leader visible, il est dirigé par un groupe.

Nous éliminons donc la  monarchie et la dictature parceque qu'elles n'existent jamais réellement.

L'oligarchie

L'oligarchie qui est dirigée par un groupe est la forme la plus commune de gouvernement à travers l'Histoire entière, et c'est la forme de gouvernement la plus commune à ce jour.

La plupart des nations de ce monde sont dirigées par un petit nombre de personnes très puissantes, et pour cette raison, l'oligarchie est retenue.

L'anarchie

A l'autre extrémité, nous retrouvons l'anarchie, qui signifie "sans gouvernement".

Certaines personnes ayant analysé l'Histoire ont remarqué que la plupart de ses pires crimes ont été commis par les gouvernements, et ils décidèrent que de ne pas avoir de gouvernement pourrait être une bonne idée. Mais ceci est une erreur, car comme les grecs anciens l'affirmait, en l'absence de loi, il ne peut y avoir de liberté.

Nos pères fondateurs acquiessèrent,  et considérèrent qu'une certaine quantité de gouvernement est une force nécessaire dans toute société civilisée et disciplinée.

Toutefois, dans une situation d'anarchie, chacun doit défendre sa vie, sa liberté et sa propriété, ainsi que la vie des membres de sa  famille. Chacun doit être armé, et les déplacements sont sévèrement restreints, parceque la propriété individuelle doit être protégée de manière permanente.

Les personnes civilisées ont de tout temps embauché quelqu'un pour effectuer ce gardiennage, un shérif, une force policière, ou un segment du gouvernement. A partir du moment ou l'application de la loi était mise en place, les personnes acquerraient plus de liberté, ils étaient en mesure de quitter leur propriété, de travailler dans les champs, et ainsi de suite.

Faites en sorte qu'une quantité adaptée de gouvernement rendent chacun plus libre.

Certaines personnes défendent néanmoins l'anarchie, non pas parcequ'ils ne souhaitent qu'il n'y ait pas de gouvernement, mais parceque qu'ils n'aiment pas ce qu'ils ont. Ils utilisent l'anarchie comme l'outil du changement révolutionnaire. La condition de l'anarchie est très similaire à une sorte de vide dans lequel s'engoufre quelquechose pour le remplir. Ces anarchistes calculateurs s'efforcent de d'abattre le gouvernement en place en se révoltant, en assasinant, en pillant, et par le terrorisme.

De manière tragique, les personnes vivant dans un tel chaos s'adressent bien souvent à ceux qui semblent les plus capables d'y mettre une fin, en les priant de prendre le pouvoir et de restaurer l'ordre. Qui est toutefois le plus capable de mettre fin au chaos? Ceux-là même qui l'ont généré! Les anarchistes à l'origine des problèmes créent alors un gouvernment contrôlé par eux-même et une oligarchie, par lequel il obtiennent un pouvoir absolu.

C'est exactement ce qui se produisit en Russie, qui a amené Lénine à acquérir un pouvoir absolu, et en Allemagne ou les chemises brunes d'Hitler ont créé un chaos qui l'amena au pouvoir.

Mais l'anarchie n'est pas une forme stable de gouvernement, c'est une transition rapide entre quelquechose qui existe et quelquechose qui est souhaité par ceux qui sont avides de pouvoir. C'est une condition temporraire, et comme elle n'est pas permanente, nous l'éliminons également.

La démocratie

Le terme démocratie provient de deux mots grecs: "Demos" qui signifie "le peuple" et "Kratem" qui signifie "diriger". La démocratie signifie par conséquent "Le pouvoir du peuple", la règle de la majorité.

Ceci sonne bien, mais supposons que la majorité décide de s'emparer de la résidence ou de l'entreprise, ou des enfants de quelqu'un: de toute évidence, il doit y avoir une limite. Le biais de la démocratie est que la majorité ne subit aucune contrainte: si plus de la moité des personnes peut être persuadée de vouloir quelquechose dans un cadre démocratique, ils dirigent.

La république

Qu'en est-il de la république? Celui vient du latin, "Res" signifiant "la chose" et "Publica" signifiant "public", elle signifie "La chose publique", la LOI !

Une république vraie est celle pour laquelle le gouvernement est limité par la loi, laissant les personnes tranquilles.

Les fondateurs de l'Amérique avaient la voie grande ouverte, ils auraient pu mettre en place une oligarchie, et de fait, certains d'entre eux souhaitaient voir George Washington devenir leur roi. Mais les pères fondateurs connaissaient l'Histoire, et ils choisirent de nous donner la règle de la loi dans une république, et non pas la règle de la majorité dans une démocratie.

La différence entre démocratie et république

Pourquoi, nous allons démontrer la différence dans le cadre de l'ouest ancien.

Considérons un comité de lynchage dans une démocratie: 35 cavaliers sont à la poursuite d'un bandit armé solitaire et l'attrapent, puis ils votent à 35 contre 1 de le pendre. La démocratie l'a jugé, et il y a un bandit en moins pour contester.

Maintenant considérons le même scénario dans une république: les 35 cavaliers attrapent le bandit et votent à 35 contre 1 de le pendre, mais le shérif arrive et dit:

"vous n'avez pas le droit de le tuer, il a droit à un procès équitable!"

De ce fait, il emmène le gangster en ville, un juri de ses pairs et seléctionné et auditent les accusations et la défense, puis ils décident, s'il doit être pendu. Même le juri ne délibère-t-il pas selon la règle de la majorité? Non, il doit être unanime, sinon l'inculpé est libéré. Les règles du gouvernement ne sont pas sujettes à la règle de la majorité, mais à la loi. Ceci constitue l'essence d'une  république.

L'action des pères fondateurs

Beaucoup d'américains seraient surpris d'apprendre que le mot "démocratie" n'apparait pas dans la déclaration d'indépendance, ni dans la constitution des USA. Il n'apparait pas non plus dans aucune des constitutions des 50 Etats. Les fondateurs firent tout ce qu'ils purent pour nous préserver d'avoir une démocratie.

James Madison connu à juste titre comme le père de la constitution y écrivit dans l'essai numéro 10 du "Federalist Paper":

"Les démocraties ont toujours été le spectacle de turbulences et de contestations, se sont toujours avérées incompatibles avec la sécurité individuelle et les droits de la propriété, et ont en général eu une vie aussi courte que leur morts furent violentes".

Alexander Hamilton acquiesça et affirma:

"Nous sommes un gouvernement républican. La Liberté vraie n'apparait jamais sous le despotisme ou les extrêmes de la démocratie".

Samuel Adams, le signataire de la déclaration d'indépendance affirma:

"La démocratie ne dure jamais longtemps. Elle s'abandonne, s'épuise et se détruit elle-même".

Les pères fondateurs avaient de bonnes raison de considérer la démocratie avec mépris, parcequ'ils savaient que la démocraties dans les premières cités-états grecs ont produit certains des excès gouvernementaux les plus sauvages qu'il est possible d'imaginer. Dans tous les cas, ils débouchèrent sur des lois populaires, puis l'anarchie, et finalement la tyrannie sous une oligarchie.

La grèce et la rome antique

Durant cette période en Grèce, il y eut un homme nommé Solon, qui poussa à la création d'un corpus de lois inaltérable et qui ne serait pas soumis aux caprices de la majorité.Mais tandis que les grecques ne mirent jamais en application les sages conseils de Solon, les romains le firent.

Ils réunirent ce qu'ils connaissaient des lois de Solon; ils créèrent les douze tables du droit romain, et dans l'effet, ils créèrent une république qui limitait le pouvoir du gouvernement et laissait les gens tranquilles. Puisque le gouvernement était limité, les personnes étaient libre de produire, tout en sachant qu'il pourrait conserver les fruits de leur travail. Dans ce temps, Rome devint riche et fut enviée dans le monde entier.

Au beau milieu de leur période d'abondance, les romains oublièrent ce que la liberté implique, ils oublièrent que l'essence de la liberté est la limitation  adaptée du gouvernement. Lorsque le pouvoir du gouvernement augmente, la liberté des personnes recule.

Lorsque les romains se séparèrent de leurs gardiens, des politiciens avides de pouvoir commencèrent à excéder le niveau de pouvoir qui leur avait été accordé par la constitution romaine. Certains d'entre eux comprirent qu'ils pouvaient élire des politiciens qui useraient du pouvoir du gouvernement pour déposséder certaines personnes de leur propriété pour la donner à d'autres personnes.

Les subventions agricoles furent introduites, suivies par des programmes sociaux d'aide au logement et d'aide médicale. Inévitablement, les taxes augmentères et des contrôles sur le secteur privé furent imposés. Rapidement, nombres de producteurs romains n'arrivèrent plus à joindre les deux bouts, et se retrouvèrent au chômage. La productivité diminua, des pénuries se développèrent, et des foules se mirent à envahir les rues, demandant du pain et des jeux de la part du gouvernement. Nombre d'entre eux furent amené à négocier leur liberté contre la sécurité.

Finalement, le système tout entier s'effondra, et transforma une république en une démocratie, qui aboutit à une oligarchie sous l'avènement des césars.

Le choix ultime entre la république et l'oligarchie

Ainsi, la démocratie elle-même n'est pas un système de gouvernement stable, mais au lieu de celà, elle est une transition graduelle d'un gouvernement limité vers les règles sans limites d'une oligarchie.

Sachant celà, nous sommes - en tant qu'américains - confrontés de manière ultime avec seulement deux options.
Nous pouvons conserver notre république comme Franklin l'énonça, ou nous finirons inévitablement avec une oligarchie, une tyrannie des élites.

samedi, décembre 27 2008

Pourquoi sommes-nous toujours heureux ?

Selon Sonya Lyubomirsky, professeur de psychologie à l'Université de Californie, Riverside (USA),  malgrè les mauvaises nouvelles économiques, les individus ne cèdent pas à la panique, ni ne se laissent décourager par les conditions de marché, et restent essentiellement préoccupés par leurs tâches quotidiennes au lieu de s'inquiéter de leurs conditions de vie, parce que les bouleversements qui se produisent actuellement touchent tout le monde en même temps.

Lorsque notre salaire est abaissé or lorsque nous réalisons un investissement spéculatif  qui s'avère catastrophique, ou lorsque nous perdons notre emploi, nous sommes forcément  beaucoup moins satisfait de nos conditions de vie.
Mais au contraire, lorsque toute le monde s'appauvrit en même temps, des employés du secteur automobile aux spécialistes de la finance de Wall Street, des américains aux chinois ou aux russes, notre niveau de satisfaction global reste plutôt constant.

C'est un fait, les êtres humains sont remarquablement attentifs à leur position relative et à leur statut. Comme l'avait démontré les économistes David Hemenway et Sara Solnick dans le cadre d'une étude menée à Harvard, la plupart des personnes préféreraient recevoir un salaire annuel de 50 000 dollars si les autres personnes gagnent 25 000 dollars, plutôt que de gagner 100 000 dollars annuellement, si les autres personnes gagnent 200 000 dollars.

De la même manière, Daniel Zizzo et Andrew Oswald, des économistes anglais, ont mené une étude montrant que les personnes renonceraient volontairement à une partie de leur argent, si cela pouvait induire une perte légèrement plus importante chez une autre personne. Ceci signifie que nous acceptons de devenir plus pauvre afin de rendre quelqu'un d'autre plus pauvre également.

De telles observations revèlent une vérité par trop humaine. Nous nous soucions bien plus de la comparaison sociale, de notre statut et de notre rang plutôt que de la valeur absolue de notre compte en banque ou de notre réputation.

A titre d'exemple, Andre Clark, un économiste exerçant sa profession en France, a montré récemment qu'un licenciement est moins dommageable si la personne licenciée vit dans une communauté dont le taux d'inactivité est élevé. De plus, si une personne est sans emploi, elle s'avère, en moyenne, plus heureuse si son conjoint l'est également.

Dans son livre FOOLED BY RANDOMNESS publié en 2004, Nicholas Nassim Taleb faisait  une observation similaire. Un juriste new-yorkais, gagnant 500 000 dollars par ans, mais dans l'impossibilité de faire la navette entre son lieu de résidence et son bureau en raison de ses horaires à rallonge, réside à Park Avenue, un lieu de résidence particulièrement huppé où résident de nombreux tradeurs et cadres financiers possédant des fortunes en dizaines et centaines de millions. Pour le juriste, tout va bien, mais pour son épouse, mère de trois enfants, c'est l'enfer. Elle se sent constamment humiliée par le comportement snob d'autres mères qu'elle croise à l'école ou elle mène ses enfants, ou lorsqu'elle se retrouve dans l'ascenseur en présence d'une autre femme portant des diamants bien plus  gros que les siens, qui habite un appartement bien plus luxueux également alors qu'elle-même occupe la plus petite surface de l'immeuble, et qui ne lui adresse pas le moindre regard. Bien que son mari ait mieux réussi que 99,5% de ses concitoyens, elle le considère comme un perdant, car toutes les personnes de son environnement sont des super-gagnants qui ont encore mieux réussis que lui. L'échelle de référence est ici encore le critère primordial, car les perdants ne font pas partie de l'échantillon comparatif, ce qui génère un stress émotionnel énorme chez l'épouse du juriste, qui fait au moins une crise dépressive tous les mois (cf. chapitre 8 "The milionaire next door").

Beaucoup de personnes ont récemment vu la valeur de leurs avoirs, de leurs économies, voire pour les américains des Etats-Unis, du montant de leur plan de retraite par capitalisation (401K), s'effondrer, mais pour autant la plupart d'entre elles continue de se sentir relativement satisfaite.

On peut par contre étendre ce concept à la frustation que ressentent de nombreux individus face aux contraintes financières qui s'imposent à elles dans le cadre de la crise économique et financière en cours et à la baisse induite du niveau de vie, tandis que les administrations étatiques, nationales, fédérales ou locales, continuent de s'allouer des budgets en hausse et d'augmenter leurs dépenses. Il en découle un sentiment d'injustice et de privilèges indus envers lesquels on doit s'attendre à de violentes réactions.

En dernier lieu, ceci nous permet de faire le lien avec un des aspects les plus redoutés de cette crise économique, ou tout au moins présenté comme tel par les autorités financières, celui de la déflation, qui est généralement compris par le public comme une baisse des prix. On peut toutefois se poser légitimement la question suivante: si tous les prix baissent en même temps, que ce soit ceux des produits manufacturés, des produits alimentaires, de l'énergie, des loisirs, des services, et que les salaires s'ajustent en conséquence, pourquoi la déflation doit-elle être exhibée comme une hydre redoutable, étant donné que l'ajustement de la valeur touche toute la population en même temps?

C'est ce que nous tenterons de comprendre dans un prochain commentaire.

dimanche, août 17 2008

Vers une civilisation de type 1

Article paru dans le Los Angeles Times en date du 22 Juillet 2008, rédigé par Michael Shermer


Parallèlement à la politique énergétique, les systèmes politiques et économiques doivent également évoluer.

Notre civilisation s'approche à grande vitesse d'un point de basculement. Les humains vont devoir faire la transition entre les carburants non-renouvelables d'origine fossile en tant que source principale de l'énergie que nous utilisons vers les sources d'énergie renouvelables qui nous permettrons de prospérer dans le futur. L'échec à réaliser cette transition nous condamnerait à des machinations politiques sans fin ainsi qu'à des conflits économiques qui ont  été le fléau  de la civilisation  au cours des cinq derniers siècles.

Une chose est sûre : nous avons besoin de nouvelles technologies. Mais en l'absence de systèmes politiques et économiques évolués, nous ne pouvons obtenir ce qui est indispensable. De quoi s'agit-il ? D'une civilisation de type 1. Essayons de comprendre.

Dans un article publié en 1964 sur la recherche de civilisations extra-terrestres, l'astronome soviétique Nikolai Kardashev suggérait d'utiliser des radio-téléscopes pour détecter les signaux énergétiques en provenances d'autres systèmes solaires au sein desquels pourraient exister des civilisations ayant atteint l'un des trois niveaux d'avancement: Type 1 pouvant exploiter toute l'énergie de sa planète d'origine ; Type 2 pouvant exploiter toute la puissance de son soleil ; et type 3 capable de maitriser l'énergie de la galaxie toute entière.

Sur la base de notre efficacité énergétique à cette époque, l'astronome Carl Sagan  estimait en 1973 que la terre  représentait une  civilisation de Type 0,7 sur une échelle de Type 0 à Type 1. (Des évaluations plus récentes nous positionnent à un niveau de Type 0,72). L'échelle de Kardshevian étant logarithmique - pour laquelle toute augmentation de la puissance consommée requiert un bond énorme de la production énergétique - nous avons un bon bout de chemin à parcourir jusqu'au stade 1.0.

Les énergies fossiles ne nous y conduiront pas. Les énergies renouvelables telles que le solaire, l'éolien et la géothermie sont un bon départ, et couplés à l'énergie nucléaire, elle pourraient finalement nous amener vers le Type 1.

Bien entendu les barrières ne sont pas seulement - ou principalement - d'ordre technologique. Nous avons démontré notre capacité à développer des solutions scientifiques remarquables aux problèmes du survie, pour autant que la volonté politique et les opportunités économiques  permettent à ces solutions de prospérer. En d'autres termes, nous avons besoin d'une économie et d'un système politique de Type 1, parallèlement à la technologie, afin de devenir une civilisation de type 1.

Nous en sommes proche. Si nous appliquons l'échelle de Kardashevian pour représenté l'évolution de l'humanité, celle-ci met évidence le chemin parcouru au cours de la longue histoire de notre espèce depuis le Type 0, qui nous amènera à découvrir à quoi ressemble une civilisation, de Type 1:

 

Type 0.1: Groupes dispersés d'hominidés vivant en Afrique. Technologie essentiellement constituée par des outils primitifs en pierre. Les conflits inter-groupes du fait de la domination hiérarchique ainsi que la violence interne aux groupes sont courants.

Type 0.2: Bandes de cueilleurs-chasseurs errants formant des groupes de parenté, au système politique essentiellement horizontal et à l'économie horizontale.

Type 0.3: Tribus d'individus liés par des liens de parenté mais au mode de vie plus sédentaire et au style de vie agraire.  Prémices  d'une hiérarchie politique et d'une forme primitive de division économique du travail.

Type 0.4: Clans constitués par une coalition de tribus en un ordre hiérarchique politique unique avec un chef dominant à sa tête, et les débuts d'inégalités économiques significatives, ainsi que la division du travail par laquelle les membres de la classe inférieure produisent la nourriture et les produits consommés par les membres non-productifs de la classe supérieure.

Type 0.5: Etat d'une coalition politique dont la juridiction s'applique à un territoire géographique bien défini ainsi qu'à ses habitants, combinée à une économie marchande visant à établir un équilibre favorable des échanges dans jeu gagnant-perdant par rapport aux autres états.

Type 0.6: Empires étendant leur contrôle sur des populations qui ne sont pas culturellement, ethniquement ou géographiquement sous l'autorité de leur juridiction, dans un but de dominance économique envers leurs empires rivaux.

Type 0.7: Démocraties répartissant le pouvoir entre plusieurs institutions, dirigés par des personnes officiellement élues par le vote des citoyens. Mise en place d'une économie de marché.

Type 0.8: Démocracies libérales accordant le droit e vote à l'ensemble de leurs citoyens. Marchés  se développant vers un jeu gagnant-gagnant à somme non-nulle par le biais du libre-échange avec les autres États.

Type 0.9: Démocratie capitaliste,  associant démocratie libérale et marchés libres, se développant désormais à travers le globe par le biais de mouvement démocratiques au sein des nations développées et des ensembles commerciaux étendus telle que la communauté européenne.

Type 1.0: Mondialisme incluant l'accès mondial à Internet, tout le savoir étant numérisé et accessible à tout le monde. Economie réellement mondialisée, chaque personne étant en mesure de négocier avec toute autre personne au sein de marchés libres sans aucune interférence de la part des  États ou des gouvernements. Planète ou tous les Etats sont démocratiques et chacun en possède une franchise.

 

Les forces en action qui pourraient nous empêcher de réaliser le grand bond en avant vers  le Type 1 sont essentiellement politique et économique. La résistance des Etats non-démocratiques à rendre le pouvoir aux populations est considérable, surtout chez les Théocraties dont les leaders préféreraient nous faire revenir vers un système clanique de Type 0.4. L'opposition à l'encontre d'une économie mondialisée est substantielle, même au sein de l'occident industrialisé, ou le tribalisme économique domine encore la pensée de la plupart des hommes politiques, des intellectuels et des citoyens.

Depuis des milliers d'années, nous avons existé dans un monde tribal à somme nulle  ou un gain pour une tribu, un Etat ou une nation, signifiait une perte pour une autre tribu, un autre Etat, ou une autre nation. De ce fait nos systèmes économique et politique ont été conçus pour leur usage dans un tel système gagnant-perdant. Mais nous avons désormais la chance de vivre dans un monde gagnant-gagnant et de devenir une civilisation de type 1 par le développement de la démocratie libérale et du libre-échange, au sein duquel les bénéfices technologiques et scientifique abonderaient. Je suis optimiste car sur l'échelle ancestrale de l'évolutionniste ainsi que du point de vue à long terme de l'historien,  les lignes de tendance  en direction de la réalisation d'une civilisation de Type 1  pointe inexorablement vers le haut.

C'est un changement en lequel nous pouvons croire.

dimanche, avril 27 2008

La liberté économique profite avant tout aux 'pauvres'

Article reproduit depuis le blog LES TERRES DE JOHN LOQUE 

 

Tiré de l'Index of Economic Freedom publié par le Wall Street Journal et la Fondation Heritage. Les barres représentent les cinq tranches de 20% des pays classés en fonction de leur degré de liberté économique (en vert les pays les plus libres).

Outre que les pays les plus libéraux connaissent un taux de croissance du PIB et un revenu par habitant supérieurs, l'on apprend par ces graphiques que la part de revenu des 10% les plus pauvres est indépendante du taux de liberté économique. Si ce fait est de peu d'intérêt pour les libéraux, qui sont plus intéressés à combattre la pauvreté que les "inégalités", il peut être utile à rappeler à nos égalitaristes obsessifs.

L'information la plus importante livrée par ces graphiques est clairement celle-ci : lorsqu'on passe de la seconde tranche des pays les plus libres à la première, le revenu par habitant progresse de 100% alors que le revenu des 10% les plus pauvres fait un bond de plus de 300%.

Publié par John Loque le mercredi 8 août 2007