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« CVO ». Pour ceux qui ne connaissent pas la signification de ce sigle, la voici : « cotisation volontaire obligatoire ». Aucun romancier, même le plus imaginatif, n'aurait pu penser qu'un tel monstre administratif puisse exister !

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Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise.

Jean Monnet

 

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samedi, juin 27 2009

Le sauvetage des entreprises en difficulté et la concurrence déloyale

Dans la période dépressionnaire actuelle, nous assistons à une orgie de plans de sauvegarde, de cautionnements et de nationalisations visant, soit-disant, à sauvegarder les grandes sociétés, dont la faillite est jugée intolérable compte-tenu de nombre d'emplois qu'elles représentent.

Si les entreprises sont en difficulté, c'est très souvent parceque leurs produits ou services ne sont pas adaptés à la demande du marché, et parceque leur stratégie n'a pas suffisamment pris en compte le nécessaire renouvellement des activités des sociétés en questions, et surtout parceque des investissements démesurés ou inadaptés ont été réalisés.

Malheureusement, la pensée unique dans le domaine économique considère le théorème du "too big too fail" (trop grand pour échouer) comme un principe acquis du fonctionnement de l'économie.

L'économie s'articule autour des banques centrales, reines monopolistiques de la création monétaire, qui inondent le marché de notes de crédit bancaires conduisant à la distribution sélective de monnaie nouvelle aux grands établissements bancaires, à l'inflation monétaire et à l'appauvrissement des populations.

Ces établissements financiers viennent en aide en tout premier lieu aux gouvernements et aux lobbys industriels qui leurs sont intimement liés. Il s'en suit une distribution inégalitaire de cette monnaie nouvelle en faveur des grandes entreprises, des membres du gouvernement, et du monde de la finance.

Cette distribution inégalitaire permet à ces grands établissements de croître toujours plus, en écrasant la concurrence et l'innovation sous des tonnes de réglementations administratives censées protéger l'environnement ou la santé humaine, éradiquer la pauvreté ou réduire les inégalités, ou contribuer - paradoxalement - au développement économique.

Ainsi, on se retrouve avec des consortiums et des lobbys intimement connectés au pouvoir central des Etats, ayant réalisés surinvestissements et malinvestissements en massse, avec des structures complètement inadaptées au renouvellement du tissus économique, incapable d'innover et produisant toute sortes de biens et de service dont les consommateurs ne veulent pas, ou plus.

La concurrence ayant été muselée, les petites entreprises innovantes et créatives, ainsi que les nouveaux domaines d'activité, prennent un retard considérable dans leur développement, faisant la part belle aux lobbys, souvent présentés comme les fleurons des économies nationales, alors qu'ils ne sont en fait que le fruit d'une centralisation à l'excès des activités économiques, ce que l'on caractérise par le mercantilisme, ou capitalisme d'Etat.

Lorsque les conditions économiques s'aggravent, ces grandes entreprises sont plus rapidement touchées compte tenu de leur offre particulièrement inadaptée aux besoins du marché, mais dont le développement a été soutenu par une croissance artificielle, stéroïdique, à coup de stimulants étatiques.

C'est dans ce contexte que toujours plus de régulations, de stimulants et de soutiens économiques sont réclamés, et générallement accordés par les dirigeants politiques, au prétexte fallacieux de sauvegarder les emplois, mais en fait plus soucieux de préserver à la fois leurs intérêts personnels et leur popularité, tout autant que les intérêts de leurs compères dirigeants à la tête de ces entreprises et autres établissements financiers en grande difficulté.

La lecture de la satyre écrite par Frédéric Bastiat en 1845 sous la forme de "la pétition des fabricants de chandelles" met en évidence l'absurdité de ces plans de sauvegarde, des mesures de soutien aux entreprises et de la lutte contre la concurrence prétenduement déloyale:


Chapitre VII de la Ière série des Sophismes é‰conomiques

Pétition

des fabricants de chandelles, bougies, lampes, chandeliers, réverbères, mouchettes, éteignoirs, et des producteurs de suif, huile, résine, alcool, et généralement de tout ce qui concerne l'éclairage

À MM. les Membres de la Chambre des Députés

« Messieurs,»

« Vous êtes dans la bonne voie. Vous repoussez les théories abstraites; l'abondance, le bon marché vous touchent peu. Vous vous préoccupez surtout du sort du producteur. Vous le voulez affranchir de la concurrence extérieure, en un mot, vous voulez réserver le marché national au travail national

« Nous venons vous offrir une admirable occasion d'appliquer votre... comment dirons-nous? votre théorie? non, rien n'est plus trompeur que la théorie; votre doctrine? votre système? votre principe? mais vous n'aimez pas les doctrines, vous avez horreur des systèmes, et, quant aux principes, vous déclarez qu'il n'y en a pas en économie sociale; nous dirons donc votre pratique, votre pratique sans théorie et sans principe.»

« Nous subissons l'intolérable concurrence d'un rival étranger placé, à ce qu'il paraît, dans des conditions tellement supérieures aux nôtres, pour la production de la lumière, qu'il en inonde notre marché national à un prix fabuleusement réduit; car, aussitôt qu'il se montre, notre vente cesse, tous les consommateurs s'adressent à lui, et une branche d'industrie française, dont les ramifications sont innombrables, est tout à coup frappée de la stagnation la plus complète. Ce rival, qui n'est autre que le soleil, nous fait une guerre si acharnée, que nous soupçonnons qu'il nous est suscité par la perfide Albion (bonne diplomatie par le temps qui court!), d'autant qu'il a pour cette île orgueilleuse des ménagements dont il se dispense envers nous.»

« Nous demandons qu'il vous plaise de faire une loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, abat-jour, contre-vents, volets, rideaux, vasistas, œils-de-bœuf, stores, en un mot, de toutes ouvertures, trous, fentes et fissures par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons, au préjudice des belles industries dont nous nous flattons d'avoir doté le pays, qui ne saurait sans ingratitude nous abandonner aujourd'hui à une lutte si inégale.»

Lire la suite sur bastiat.org


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Bastiat, visionnaire et libéral, avait avec cette pétition peut-être omis de préciser que l'impôts sur les portes et les fenêtres avait déjà été instauré dès 1798, avec toutes les conséquences que celà imposa telles que la construction de logements glauques et insalubres, et la promiscuité comme on l'a connu notamment dans les courées du Nord, dont certaines existent encore à ce jour, comme par exemple dans la ville de Roubaix, dont je suis originaire.

Les réglementations, les contraintes, les sauvegardes et l'étouffement de la concurrence n'ont pour effet que de consommer de précieuses ressources, de retarder l'innovation, d'appauvrir la population, de ralentir le développement économique et d'aggraver les conséquence d'une crise qui sera au final bien plus sévère et profonde que si l'on avait laissé les mécanisme de réajustement de l'économie se mettre en place naturellement.

L'économie est un système évolutif, qui fonctionne selon les même principes darwiniens que ceux de la sélection naturelle dans le domaine du vivant. Ce ne sont pas les organismes les plus grands ou les plus puissants qui survivent, mais ceux qui sont le mieux adaptés à leur environnement et à l'utilisation plus efficace des ressources disponibles.

Les dinosaures ont disparus de la surface de la terre, mais s'il avait alors existé une Banque Centrale Zoologique, nulle doute qu'un plan de sauvegarde gigantesque aurait été mis en place par la BCZ pour leur venir en aide contre la concurrence déloyale des organismes de taille inférieure et pour lutter contre les migrations animales à l'échelle planétaire.

Les entreprises les plus importantes, même si elles représentent une somme d'emploi considérable, ne sont pas les mieux adaptées au développement économique. Aucun leader sur son marché, dans un environnement strictement compétitif, n'est en mesure de préserver sa position dominante pendant une période prolongée sans le soutien inconditionnel de l'Etat central. Seul les réglements et les financements sélectivement octroyés permettent ce genre de situation et la pérennisation de la position monopolistique de grands consortiums nationaux.

Laissons ces sociétés faire faillite plutôt que de gâcher de précieuses ressources que les investisseurs n'auraient jamais choisi d'investir à ces fins de sauvetage d'entreprises commercialisant des produits que personne ne souhaite plus acquérir.

Laissons ces grandes sociétés payer la note de leur stratégie inconséquente et de leur usage abusif du crédit bancaire, car la concurrence est là, prête à se saisir des activités, des parts de marché, et des actifs de ces sociétés, afin de mettre sur le marché des produits nouveaux et innovants, tout en créant de nouveaux emplois venant en remplacement de ceux qui auront été détruits, et bien au delà.

Seule l'innovation et le renouvellement économique pourront nous sortir de l'ornière dans laquelle nos gouvernants, les banques centrales et leurs alliés financiers nous ont plongé, et non pas les plans de sauvegarde et les privilèges iniques ainsi que les trilliards gaspillés sur notre dos et à notre insu.

lundi, mars 23 2009

La banqueroute constitue un stimulus économique

Traduction du dernier commentaire Ron Paul sur le sujet des plans de sauvegarde:

L'attraction de cette semaine à Capitol Hill* était en relation avec les super-bonus qu'on reçus les dirigeants de AIG. L'argumentation fait référence à des montants relativement faibles. Les montants cumulés des primes versées était de 165 millions de dollars. Le gouvernement avait jusqu'ici accordé 170 milliards de dollars à AIG. Beaucoup réclament désormais que nous soyons remboursés de ces montants. Mais nous devrions utiliser notre temps et nos efforts à des tâches plus utiles, comme de comprendre comment la FED utilise les trilliards de dollars qu'elle crée et injecte dans l'économie, et quelles en sont les conséquences sur le pouvoir d'achat des dollars que vous avez en poche.     

L'erreur majeure a été en premier lieu l'affectation des fonds du TARP**. Un procès péremptoir tardif ne mettra pas fin à l'hémorragie des dépenses. Toute cette situation est une démonstration parfaite qui montre pourquoi "ne rien faire" et laisser les entreprises défaillantes faire faillite aurait constitué une solution bien meilleure plutôt que de leur verser des ressources et de la monnaie précieuse.

Lorsqu'une entreprise réalise un profit, ceci est le signe qu'elle utilise des ressources dont elle augmente la valeur tout en contrôlant ses coûts. Lorsqu'une entreprise fonctionne à perte, c'est le signe qu'elle réduit la valeur de ses ressources ou permet à des coûts hors de tout contrôle d'effacer toute la valeur qu'elle a créé. Une entreprise qui fonctionne à perte est donc un moteur de destruction de richesse.

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Les banqueroutes ont un effet net positif sur l'économie, parceque des compétiteurs plus productifs sont récompensés par les opportunités de rachat "à la casse" des actifs résiduels afin de renforcer leurs activités. Dans un cadre économique qui autorise ce type de croissance et de changement, toutes les pertes d'emploi par la banqueroute sont bientôt compensées par de nouveaux emplois lorsque des activités gérées plus efficacement ont accès à des actifs en plus grand nombre et se développent.

La banqueroute était le stimulus dont nous avions besoin dans le cas d'AIG. Plus de banqueroutes purgeraient les ressources investies à mauvais escient et permettraient de renouer avec la croissance.

AIG, en perdant de l'argent et en amenant ses activités au bord de la faillite, nous démontrait qu'elle n'était pas efficace. Qu'avons-nous fait alors? Nous avons forcé les contribuables à assumer les pertes, et désormais nous sommes supposés être choqué par le fait que ça ne marche pas. Si AIG avait fait banqueroute, il aurait été impossible que de telles primes soient versées. Le contribuable aurait été plumé de 170 millions de dollars en moins l'année dernière. S'ils avaient fait faillite, le monde n'aurait pas vu sa fin pour autant, et continuerait tout simplement avec un moteur de destruction de richesse en moins.

Nous aurions du apprendre la leçon que nous a donné le Japon. Les années 1990 sont présentées comme la "décennie perdue" du Japon parceque des banques zombies ont été maintenues en vie par le gouvernement Japonais. Toute productivité était redirigée à travers ces moteurs de destruction de richesse, avec le résultat d'une stagnation sur le long terme. Nous devons et nous pouvons éviter cette issue si nous faisons appel à notre bon sens.

Une récession devrait être une période de renforcement et de regroupement dans un cadre économique. Mais aussi longtemps que les gouvernements insistent pour prolonger le status quo en soutenant des institutions en faillite, nous continuerons à creuser un trou encore plus grand pour nous même.

Ndlr:
*Le congrès des Etats-Unis à Washington DC (District of Columbia)
**Troubles Assets Relief Program ou Programme de sauvegarde des actifs toxiques

jeudi, mars 12 2009

Pas de capitalisme sans capital

Article rédigé par Guillaume Vuillemey et Vincent Poncet, reproduit depuis le site de l'Institut Economique Molinari

Pas de capitalisme sans capital!

L’extrême fragilité de nos économies est le fruit d’interventions politiques favorisant systématiquement la consommation par rapport à l’épargne et la dette par rapport au capital. D’où l’émergence d’un « capitalisme sans capital » et l’éclatement de la crise actuelle

La crise actuelle a parfois été analysée comme «la crise d’un certain capitalisme», lequel serait «déconnecté de la richesse réelle», et «fondé sur de l’argent virtuel». Mais s’il est vrai que le système actuel reposeedito120309.jpg sur des pyramides vertigineuses de dettes et de crédits, il ne s’agit pas là d’une conséquence du libre fonctionnement des marchés. Au contraire, l’extrême fragilité de nos économies est le fruit d’interventions politiques favorisant systématiquement la consommation par rapport à l’épargne et la dette par rapport au capital. D’où l’émergence d’un «capitalisme sans capital» et l’éclatement de la crise actuelle. Pour en sortir, plutôt que de vouloir stimuler la consommation et l’émission de nouvelles dettes, il conviendrait au contraire de favoriser la reconstitution des stocks d’épargne réelle et de capital.

La crise actuelle est une crise du crédit, causée par les politiques monétaires laxistes des banques centrales, en particulier la Réserve fédérale américaine (Fed). Au lendemain de l’explosion, en 2000, de la bulle des nouvelles technologies, la Fed a cru bon de relancer l’économie en baissant massivement ses taux directeurs, lesquels sont descendus jusqu’à 1%. Cette politique, qui était un succès en apparence, était pourtant fondamentalement contre-productive, bâtie sur l’idée que l’injection de liquidités dans l’économie permet la création de richesses réelles. Il ne faut donc pas perdre de vue la distinction essentielle entre deux types de crédits, l’un favorable au développement économique, l’autre source de mal-investissements et de crises. Le premier est fondé sur une épargne préalablement accumulée, l’autre non.

Pendant des années, les banques ont prêté de la monnaie créée à partir de rien par de simples écritures comptables, sans épargne en contrepartie. Plus ce processus s’est développé, plus la quantité de monnaie en circulation dans l’économie – appelée masse monétaire – a été déconnectée de la réalité économique. Ces «mauvais» crédits qui ont été octroyés ont donné aux emprunteurs l’illusion de la richesse. Ces derniers ont alors pu effectuer des investissements qu’ils n’auraient pas réalisés si les taux d’intérêt avaient été plus élevés. Ces investissements ont été des mal-investissements, c’est-à-dire qu’ils n’avaient pas de rentabilité réelle. Leur rentabilité n’était qu’apparente, fondée sur l’afflux de «mauvais» crédit. La grande majorité des particuliers et des entreprises ont cédé à cette illusion. Ce fut la phase de bulle, qui a éclaté lorsque la réalité – c’est-à-dire la non-rentabilité de ces investissements – est apparue au grand jour.

Ces «mauvais» crédits ont été émis dès lors que l’on a rompu l’équilibre entre crédit et épargne. Sur le marché, cet équilibre se fait via les taux d’intérêt, qui fluctuent en fonction de l’offre et de la demande de liquidités. Dans notre système monétaire, ce processus est faussé par l’intervention des banques centrales. Les taux ne sont pas des prix de marché mais des prix «administrés» par des entités para-étatiques. Ainsi, la quantité de crédit octroyée sur le marché ne dépend pas du stock d’épargne réelle, mais d’une décision politique.

Les banques centrales, plus ou moins indépendantes des gouvernements, peuvent donc augmenter la quantité de «mauvais» crédit, notamment en abaissant artificiellement leurs taux directeurs, souvent pour financer des promesses pour lesquelles le stock d’épargne existant n’est pas assez important. Aux Etats-Unis, c’est la volonté de créer une «société de propriétaires» qui a servi de prétexte à de nombreuses dispositions favorisant les crédits immobiliers. Entre 2000 et 2008, la masse monétaire a doublé aux Etats-Unis sans que, bien évidemment, la richesse réelle n’ait doublé dans des proportions identiques. C’est dans cet afflux de «mauvais» crédit, salué à l’époque par les gouvernements, que se trouvent les racines de la crise. L’intervention publique a transformé le capitalisme en capitalisme sans capital.

A l’heure actuelle, les secteurs de l’économie qui s’effondrent – au premier rang desquels l’automobile et l’immobilier – sont ceux qui ont bénéficié de ces crédits. Les politiques visant à favoriser un crédit peu cher ont en fait détourné des facteurs de production vers ces secteurs, au détriment d’autres qui auraient été plus rentables. Le «mauvais» crédit, créé à partir de rien, est donc néfaste. Il donne l’illusion de la richesse, déplace des facteurs de production de certains usages vers d’autres, et est à l’origine de nombreux mal-investissements.

A l’inverse, le bon sens voudrait que tout investissement ait pour contrepartie une épargne réelle. C’est pourquoi l’idée de Keynes selon laquelle l’épargne serait stérile ou improductive est erronée. L’épargne a de nombreuses vertus: elle permet l’octroi de «bon» crédit et la création de richesses.

Dès lors, comment la crise peut-elle être résolue? Toute vraie relance ne peut être qu’une relance par l’épargne permettant la réalisation d’investissements rentables. Pour cela, il est nécessaire de revenir à une économie fondée sur l’épargne et le capital. Mais ni les banques centrales ni les gouvernements ne peuvent augmenter le stock d’épargne réelle. C’est pourquoi il conviendrait tout d’abord de cesser de manipuler les taux d’intérêt.

Mais certaines réformes structurelles sont également nécessaires pour accomplir cette transition. Beaucoup de systèmes fiscaux incitent davantage à la consommation qu’à l’épargne. C’est le cas lorsque la taxation des revenus du capital – intérêts ou dividendes – est importante ou lorsqu’il existe une taxation spécifique des patrimoines, comme l’impôt sur la fortune en France. Pour ce qui est de la fiscalité des entreprises, elle incite au financement par la dette et non au financement par augmentations de capital.

La reconstitution d’un stock d’épargne conséquent suppose aussi que les Etats mettent un terme à la spirale d’endettement dans laquelle ils sont aujourd’hui enfermés. Car lorsqu’ils empruntent sur le marché des capitaux, ils réduisent d’autant la quantité d’épargne disponible pour les grandes entreprises qui ont, elles aussi, besoin de capitaux.

Le redémarrage de l’économie passe par une reconstitution des stocks d’épargne et un assainissement des «mauvais» investissements. Il faut se rendre à l’évidence qu’il n’y a pas de capitalisme sans capital!

jeudi, décembre 4 2008

La Sécurité Sociale des USA

Extrait traduit d'un article de , posté le 3 Décembre sur le site Mises.org

J'ai délibérément choisi de retranscrire cet article dès en avoir pris connaissance, car à chacune de mes critiques du système de la Sécurité Sociale française, on m'oppose systématiquement l'échec des systèmes de santé privé, en pointant un doigt accusateur vers le système de santé US, comme l'archétype de ce que l'économie capitaliste et le système privé peuvent occasionner en privant de soins et de traitements toute personne qui n'a pas les moyens de souscrire à une assurance privée. 

Cet article remet les choses en place !

Les USA sont bien les champions de la Santé Publique, avec un système qui n'a rien à envier à notre bon vieux système d' in-Sécurité anti-Sociale.


Il est facile de critiquer le système de santé des USA, mais nous devons être clair sur un point : il ne s'agit pas d'un "marché libre" ou d'un système de santé "privé". Un marché des soins de santé libre serait bien plus efficace et innovant, tout en offrant une meilleure qualité de produits et de services, à des prix inférieurs à ceux qu'ils sont actuellement.

Au delà des interventions socialistes évidentes du gouvernement US par le biais de programmes tels que Medicare ou Medicaid, il existe une multitude d'autres mesures qui gènent l'innovation dans le domaine de la santé. Nous devons d'ailleurs nous attendre à une hausse de cet implication dans le cadre du programme ObamaCare.

Tandis que les socialistes mettent en avant les "échecs" du système de santé des USA et que, par un surprenant tour de passe-passe qui ne fait que mettre en évidence leur ignorance (économique), ils les attribuent au "marché libre", il est crucial pour les Austrolibertariens de mettre en évidence l'absurdité de ce raisonnement erroné.

Par exemple, le gouvernement des USA prend à sa charge plus de 45% de toutes les dépenses de santé des USA au cours de l'année 2006; il dépense également près de 20% du PIB pour la santé; effectivement, il dépense plus par personne que n'importe quel autre pays de l' OECD (Schéma 1 ci dessous), même en incluant ceux possédant un système de santé socialiste, financé par le gouvernement. En résumé, ce n'est pas un marché libre

Schéma 1. Dépenses gouvernementales de santé par personne sur la période 1995–2006 (PPP int. $)

A partir de la foultitude de programmes gouvernementaux et autres réglementations qui maintiennent les prix élevés et paralysent l'innovation, nous pouvons établir une sélection rapide : le Centre pour le Contrôle et la prévention des maladies, la Food and Drug Administration (FDA), l'Association Médicale Américaine, le Département des Etats-Unis de la Santé et des Services Humains, etc...

Une raison pour laquelle les soins de santés sont aussi élevés est que l'industrie est subventionnée; et une raison pour laquelle les interventions gouvernementales ne font que progresser est que l'on doit s'attendre à une progression de tout ce qui est subventionné.

Les médecins et les spécialistes augmentent leurs prix au détriment de ceux qui paient une assurance privée pour couvrir les frais de ceux qui ne payent rien, c'est-à-dire ceux dont les soins sont financés par le gouvernement à travers le racket, c'est-à-dire les impôts. 

Le Gouvernement est le pire ennemi des personnes pauvres (et de tout le monde), et devrait pour le moins être reconnu pour ce qu'il est et ce qu'il fait. Heureusement, il existe des entrepreneurs qui sont en compétition avec l'industrie de la santé, et ce malgrè les tentatives gouvernementales d'enrayer la compétition.


Cette dernière conclusion amène ainsi l'auteur de l'article à débattre dans une deuxième partie de l'efficacité et des vertus du système de santé privé mis en place par la société de grands magasins Wal-Mart, que je traduirai peut-être plus tard si j'en ai le temps.

mercredi, décembre 3 2008

Epidémie

Reproduction d'un article de Jacques Garello publié le 1er Décembre sur le site Libre.org



« Ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ». La peste keynésienne envahit les esprits, et je me trouve chaque jour confronté à des gens qui présentent tous les symptômes de la maladie. Je suis heureusement vacciné et n’ai pas besoin de piqûre de rappel.

Les symptômes sont nets. Prenez un bon libéral, voire même un ultra, qui a toujours professé sa préférence pour la libre entreprise et le libre échange. Parlez avec lui de la « crise ». Il conviendra parfaitement que la crise est due aux maladresses, voire aux malversations, des responsables de la politique monétaire et financière. Il vous suivra quand vous rappellerez que les subprimes ont eu comme foyers deux organismes publics distribuant sur ordre du gouvernement américain des crédits hypothécaires immobiliers à des gens incapables de les rembourser. Il admettra que le laxisme monétaire de la Réserve Fédérale a dilué la responsabilité des financiers. S’il a quelque connaissance technique, il conviendra que la finance est sur-réglementée, avec des réglementations stupides comme Bâle II. Il marquera peut-être même son scepticisme à l’égard des « fonds souverains » et autres meccanos dirigistes imaginés par les hommes politiques. Mais, en conclusion, il vous surprendra en affirmant avec des sanglots dans la voix que lorsque la crise est là il faut bien recourir à la relance par les finances publiques. Il faut sauver les banques de la faillite, il faut injecter à cet effet les liquidités monétaires voulues, et les banques centrales doivent donc continuer à abaisser les taux d’intérêt et gonfler la masse monétaire.

Voilà donc l’AVC, voilà les boulons pétés. Des personnes jusque là saines d’esprit, qui ont toujours adhéré aux principes de « l’économie de l’offre », viennent grossir le camp des keynésiens qui professent les principes adverses de « l’économie de la demande ». Partisans de la liberté économique et ennemis de l’Etat en temps ordinaire, ils deviennent partisans de l’intervention de l’Etat et de la mise en liberté surveillée en période de crise.

Le monde occidental a été atteint d’une telle épidémie dans les années 1930. La thèse de Keynes venait au bon moment, pour expliquer d’une part que la crise était celle du capitalisme créateur de chômage (alors qu’elle était déjà une crise du dirigisme) et d’autre part que l’on pouvait préserver quelques principes du capitalisme (comme la propriété privée du capital) à condition de mener une politique de plein emploi, de relance de la demande globale. Le keynésianisme apparaissait aux esprits faibles comme le moyen de sauver le capitalisme en réduisant la liberté économique et en misant sur l’intervention de l’Etat.

Nous y voici à nouveau. Pour éviter une « crise systémique » (c'est-à-dire pour éviter que le système capitaliste ne soit détruit par les Besancenot et Chavez) les malades contaminés applaudissent aux plans de relance dont l’imagination est sans borne, puisqu’il s’agit d’annoncer des milliards de soutien, alors que les Etats sont eux-mêmes en faillite.

 

112808_hayek.jpgLa maladie atteint toutes les couches de la population. J’ai apprécié ce titre dans les journaux « Les libéraux de l’UMP se félicitent de l’intervention croissante de l’Etat ». Même parmi quelques personnes passant naguère pour des intellectuels libéraux, on se résout, la mort dans l’âme, à souhaiter l’inondation monétaire pour éviter la faillite des banques. Comme la crise menace aussi des milliers d’entreprises, on se résout encore à des crédits injustifiés pour sauver les emplois. Pour l’instant la seule recommandation keynésienne qui n’ait pas encore été reprise est le protectionnisme pur et dur : jusqu’ici la mondialisation a trouvé grâce, bien que les fonds souverains fassent recette.

Je crois que le succès du keynésianisme n’est dû qu’à l’ignorance des vertus du marché. Car, il y a dans le marché le vrai et le seul moyen de sortir de la crise sans recourir à l’Etat.

Veut-on sauver les emplois ? Les emplois n’existent et ne durent qu’au service de la communauté, adaptés quantitativement et qualitativement à ce que veulent les clients. Supprimer des emplois n’est pas un drame quand d’autres emplois nouveaux apparaissent. « L’économie de l’offre » nous rappelle que le niveau d’emploi dépend de la liberté reconnue aux entrepreneurs, aux travailleurs et aux épargnants. Relancer l’économie c’est mettre fin aux entraves réglementaires, fiscales et sociales qui paralysent les entreprenants. C’est mettre fin aux privilèges dont bénéficient les parasites.

Un grand plan de relance consiste donc à libérer la créativité, et à rendre aux Français l’argent qui leur est injustement confisqué par un Etat rapace et une Sécurité Sociale en déroute. Mais qui en a le courage ?

Il est plus facile d’invoquer l’alibi des faillites des banques et des entreprises cotées. Ici encore, le marché est la solution : quand le prix des actifs devient très faible, voire négatif. Il y a des occasions de rachat par d’autres, ou d’appel à des augmentations de capital, les investisseurs faisant la différence entre ce qui leur promet des plus ou des moins values. Voilà sûrement des bouleversements, mais moindres que ceux d’un financement par l’Etat.

Car il faut en revenir à Bastiat : ce que l’on voit c’est le « sauvetage » des banques, ce que l’on ne voit pas c’est le coût de financement. Le coût c’est l’inflation, qui à son tour entraîne le chômage ; le coût c’est la dette publique, qui à son tour entraîne davantage de prélèvements obligatoires (et dès aujourd’hui à cause du service de la dette).

Ce que les malades du keynésianisme ont oublié, ou ignorent, c’est que l’économie est détruite par les interventions qui privent le marché de sa vertu essentielle : répartir les ressources rares en fonction des besoins réels de la communauté, grâce à un système de prix significatifs nés de la concurrence. Le dirigisme balaye tout cela. Après avoir balayé le marché, on appelle Keynes au secours !

Il est temps de comprendre en profondeur le fonctionnement des marchés. C’est la meilleure prévention contre cette terrible épidémie.


Jacques Garello
Le 1er décembre 2008

mardi, avril 29 2008

LE SCANDALE DES SUPER-PROFITS

 

Article publié le 1er Avril 2008 par le site libres.org  

 

La campagne électorale étant derrière nous, avec son lot de contre-vérités, il est possible de revenir, avec sérénité, sur un discours que l’on a souvent entendu. Comment peut-on tolérer, au moment où le pouvoir d’achat est en baisse ou en stagnation, l’envolée des superprofits des entreprises ? Avec près de 97 milliards d’euros de profits pour les seules entreprises du CAC 40, on voit bien ce que « le capital » se réserve, au détriment « du travail » bien sûr !

Il faudrait en finir avec ces fables, et cesser de scier la branche sur laquelle nous sommes tous assis, tous Français réunis.

 

97 milliards de profits pour les entreprises du CAC 40

Commençons par voir ce que représente en réalité ce chiffre a priori impressionnant.

Il concerne les 40 plus grandes sociétés cotées à la Bourse de Paris, et il est en hausse de 5% par rapport à 2006. C’est une moyenne : 30 entreprises voient leur profits augmenter, 10 diminuer, 37 ont dégagé des profits, 3 ont subi une perte (dont EADS). En tête du palmarès Total avec plus de 13 milliards de profits, mais c’est une entreprise particulière, sur un marché peu concurrentiel et très politique. La BNP et ArcelorMittal, viennent ensuite, culminant à 7,8 et 7,5 milliards. 12 sont en dessous du milliard, ce qui n’est pas énorme compte tenu de leur taille. C’est dire que 3 entreprises seulement cumulent 30% de tous les profits.

Une analyse plus fine apporte des précisions. L’expansion des profits est due essentiellement à celle des ventes, et le taux de marge recule : les profits ont progressé moins vite que les ventes. La marge nette est passée de 8,1% à 7,8%. Ensuite, la hausse des bénéfices a été concentrée au premier semestre. Au second, ils ont stagné. Cela ne devrait pas s’arranger en 2008.

 

Enfin, l’essentiel de ces profits a été gagné sur des marchés internationaux, fortement concurrentiels ; dans certains cas, les marchés émergents sont plus importants que le marché européen. Les entreprises vont chercher leurs profits ailleurs qu’en France ; cette décentralisation des affaires risque de provoquer à terme la décentralisation des entreprises elles-mêmes. La terre de France serait-elle si ingrate, et pourquoi ?

 

Les profits : une proie facile pour la démagogie

Pourquoi fuir la France ? C’est précisément parce que le profit y est considéré comme une spoliation contraire à la justice sociale. Il faut combattre cette absurdité.

Tout d’abord, que se passerait-il si, comme le suggèrent certains, on redistribuait aux salariés les 98 milliards qui font scandale ? La rémunération des salariés approche en France les 1 000 milliards d’euros : on augmenterait du premier coup les salaires de 10%. Mais il n’y aurait pas de deuxième coup : il n’y aurait plus d’entreprise et tout le monde serait au chômage. Car où passent actuellement les profits ? Dans les poches de gros messieurs fumant de gros cigares dans de grosses voitures ? Il y a en effet un très gros monsieur : il s’appelle l’Etat, qui prend un tiers des bénéfices. C’est l’un des taux les plus élevés d’Europe (l’Irlande est à 12,5%). Mais, en dehors de l’Etat, l’essentiel de l’argent ira à l’autofinancement, c'est-à-dire restera dans l’entreprise pour lui permettre de se développer, créant richesses nouvelles et emplois. C’est le sens de la fameuse formule d’Helmut SCHMIDT : « Les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les investissements de demain font les emplois d’après-demain ». Vouloir réduire les profits, c’est limiter les capacités d’autofinancement, donc investir moins, donc pousser les entreprises au déclin. Finalement, il ne restera plus qu’une part limitée de ces 97 milliards pour rémunérer actionnaires et entrepreneurs.

Malheureusement la démagogie et les contresens sont passés par là. La vulgate marxiste enseigne que le profit n’est que le fruit de l’exploitation des travailleurs prolétaires par le bourgeois capitaliste. Partant de la (fausse) idée selon laquelle seuls les salariés produisent, créent de la valeur et devraient avoir la totalité du prix du produit fabriqué, on en déduit que l’entrepreneur ou l’actionnaire ne peut prendre une part qu’en privant le salarié de son dû. Bien qu’en apparence différent, le point de vue de RICARDO et de ses successeurs néo-classiques aboutit à ne pas légitimer un profit qui serait supérieur au taux d’intérêt de l’argent investi augmenté d’une prime de risque : pas de « super » profit !

 

Le profit rémunère l’art d’entreprendre

Chez RICARDO comme chez MARX, le personnage central de l’entreprise est évacué : c’est l’entrepreneur. Or celui-ci n’est pas d’abord un apporteur de capitaux ; il peut parfois ne rien apporter du tout. Le profit n’est donc pas la rémunération du « capital », mais de l’art d’entreprendre, du succès remporté dans l’exercice de ce métier difficile qu’est l’entreprise. Quel est ce métier ? Pour SCHUMPETER, le service rendu par l’entrepreneur est celui de l’innovation. Ce n’est qu’une part de la vérité. Israël KIRZNER donne aujourd’hui une meilleure réponse : l’entrepreneur est un créateur de valeur nouvelle parce qu’il réorganise sans cesse l’articulation entre les besoins à satisfaire et les moyens de les satisfaire. Il corrige des déséquilibres existants, et ouvre une voie nouvelle (qui n’est pas nécessairement une méthode ou un produit nouveau). Il n’a rien pris, ni volé, à qui que ce soit, car il a créé quelque chose qui n’existait pas. C’est sa vigilance, son esprit d’observation et de calcul, qui sont récompensés par un profit. Fondamentalement, dans une économie de marché, l’art d’entreprendre consiste à assurer la coordination entre les plans des producteurs et des consommateurs.

Les travailleurs ont apporté leurs capacités, leur temps, parfois leur peine physique ; ils ont droit à une rémunération fixe, déterminée par contrat, qui est le salaire. De même les épargnants et les gestionnaires de l’épargne (comme les banques) apportent des capitaux contre une rémunération fixe et contractuelle, l’intérêt. Quant à l’entrepreneur il est rémunéré par un profit, quand le client reconnaît la qualité du service qui lui est rendu. Si les profits sont en hausse, c’est que les entrepreneurs ont rendu un meilleur service à la communauté, ils ont contribué au mieux-être de tous.

Il va de soi que ce profit entrepreneurial n’a rien à voir avec l’argent vite gagné par des escrocs et des parasites, qui vivent aux dépens de tous. C’est peut-être parce qu’en France il y a trop de faux profits, trop d’argent volé et détourné, trop de privilèges et pas assez de concurrence que l’on n’aime pas ceux qui font des « super-profits » en faisant correctement leur métier d’entrepreneurs. A moins que l’on n’aime pas la réussite, simplement…

 

 

Le 1er avril 2008